Indice, matière, progressifs, traitements, solaires, myopie de l'enfant : tout ce que nous expliquons au comptoir, à lire tranquillement chez vous. Sans jargon, et sans prix — ceux-là, nous les calculons pour votre correction et votre monture, en magasin.
L'indice mesure le pouvoir de réfraction de la matière : plus il est élevé, plus le verre est fin et léger pour une même correction, plus il est discret dans une monture fine et moins il fait « loupe » sur les yeux. En contrepartie, le prix augmente avec l'indice.
| 1.50 | Standard — L'indice de base. Léger et économique, idéal pour les corrections faibles (jusqu'à ±2 environ). |
|---|---|
| 1.60 | Aminci — Environ 20 % plus fin que le 1.50 pour une esthétique plus discrète. Recommandé dès ±2. |
| 1.67 | Extra-aminci — Environ 30 % plus fin que le 1.50. Conseillé pour les corrections moyennes à fortes (dès ±4). |
| 1.74 | Ultra-aminci — Le plus fin des verres organiques courants. Pour les fortes corrections (dès ±6) et les montures fines. |
| 1.76 | Ultra-aminci Tokaï — L'indice organique le plus élevé du marché, pour les très fortes corrections. |
| 1.80 | Minéral haut indice — Verre minéral (en verre) très aminci pour les fortes corrections. Plus lourd, mais très résistant aux rayures. |
Le bon réflexe : l'indice se choisit selon la puissance de la correction et la taille de la monture. Une petite correction dans une grande monture ne justifie pas un indice élevé ; une forte correction dans une monture fine, oui.
Un verre, c'est d'abord une matière : elle décide de son poids, de sa résistance aux chocs et aux rayures et de la qualité de l'image.
| Organique1.50 · CR-39 | Le verre de tous les jours : léger (deux fois moins lourd que le minéral), résistant aux chocs, excellente image. Se raye plus facilement, d'où le traitement durci systématique. |
|---|---|
| Polycarbonate1.59 | Quasi incassable, très léger, filtre 100 % des UV : la matière du sport et des enfants (aussi celle de MiYOSMART et Stellest). Image un peu moins pure en forte correction. |
| Hauts indices1.60 · 1.67 · 1.74 · 1.76 | Des organiques plus denses optiquement : plus fins et plus plats à correction égale. Ils réfléchissent davantage la lumière : l'anti-reflet s'impose. |
| Minéralverre · 1.50 à 1.80 | Le verre véritable : imbattable contre les rayures, très clair, mais lourd et cassant. Réservé aux porteurs attachés au minéral ; jamais pour les enfants ni le sport. |
| Organique 1.50 | Polycarbonate | Hauts indices | Minéral | |
|---|---|---|---|---|
| Poids | ●●●○ | ●●●○ | ●●●○ | ●○○○ |
| Résistance aux chocs | ●●○○ | ●●●● | ●●●○ | ●○○○ |
| Résistance aux rayures | ●●○○ | ●○○○ | ●●○○ | ●●●● |
| Finesse | ●●○○ | ●●○○ | ●●●● | ●●●○ |
| Qualité d'image | ●●●● | ●●○○ | ●●●● | ●●●● |
Enfants et sport : polycarbonate, sans discussion — un verre qui ne casse pas protège l'œil. Fortes corrections : haut indice asphérique.
Un verre pour myope est fin au centre et épais au bord ; un verre pour hypermétrope, c'est l'inverse. Plus la correction est forte, plus l'écart se creuse. Trois leviers pour affiner : un indice plus élevé, une monture plus petite (moins de bord chez le myope) et une géométrie asphérique. Coupes à l'échelle, verre de 65 mm, même correction :
Valeurs indicatives pour une correction sphérique ; l'épaisseur réelle dépend de la monture, du centrage et de l'astigmatisme.
Même correction, même indice : la différence est dans la forme de la surface. Le verre sphérique a une courbure uniforme, comme un ballon ; l'asphérique est aplani progressivement vers le bord. Résultat : un verre plus plat et plus fin (jusqu'à 10 à 15 % au centre en hypermétropie), plus esthétique (le verre ne bombe pas hors de la monture, les yeux ne sont pas déformés vus de face) et une vision plus nette sur les côtés, parce que les déformations en périphérie sont réduites.
Pour qui ? Toutes les corrections à partir de ±2, les hypermétropes dès la plus petite correction, les grandes montures, et tous ceux qui veulent un verre plus fin sans changer d'indice.
Avec le temps, l'œil fait moins facilement la mise au point de près : c'est la presbytie. Le verre progressif y répond avec un seul verre pour toutes les distances, sans ligne visible.
En haut, la vision de loin : votre correction habituelle, on regarde droit devant. Au milieu, un couloir pour l'intermédiaire : l'écran, le tableau de bord, la personne en face. En bas, la vision de près : la lecture, le téléphone — on baisse les yeux, pas la tête.
La puissance ne « saute » pas d'une zone à l'autre : elle augmente en douceur du haut vers le bas, le long du couloir, comme une pente. C'est ce qui donne une vision nette à toutes les distances intermédiaires, là où un double-foyer n'a qu'une marche.
Imaginez une nappe bien tendue. Si vous appuyez au centre pour y faire une pente, le tissu plisse forcément sur les côtés. Un verre progressif, c'est pareil : pour que la puissance monte le long du couloir, la surface du verre doit se creuser, et cette courbure crée obligatoirement, à gauche et à droite, des zones où l'image est un peu floue ou penchée.
Ce n'est ni un défaut du verre ni de vos yeux : c'est une loi de l'optique, démontrée en 1963 (théorème de Minkwitz), à laquelle aucun verre au monde n'échappe. Deux conséquences : plus l'addition de près est forte, plus ces zones grandissent ; plus le couloir est court (petite monture), plus la pente est raide et le flou proche du centre.
Le bon geste : on tourne la tête, pas seulement les yeux, pour amener le couloir devant ce que l'on regarde. Les premiers jours, le cerveau apprend à ignorer les côtés : c'est normal, et ça vient vite si l'on porte ses lunettes en continu.
Le flou latéral ne peut pas disparaître, mais il peut être repoussé là où il gêne le moins. Plus la gamme monte, plus le couloir et les zones nettes s'élargissent, et plus le calcul tient compte de votre correction, de votre monture et de vos habitudes de port.
Nous classons nos progressifs en cinq paliers, du plus accessible au plus personnalisé :

Les deux faces calculées ensemble, selon vos paramètres personnels : champs maximaux, adaptation immédiate.

Surfaçage numérique intégrant votre monture et vos paramètres de port : champs très larges, périphérie nette.

Surfaçage numérique optimisé pour votre correction : larges champs, aberrations réduites.

Surfaçage numérique de base : bon équilibre loin / intermédiaire / près, adaptation facile.

Progression sur la face interne, design standard : champs plus étroits, le progressif le plus accessible.
Notre rôle est de vous orienter vers le palier qui correspond à votre usage : un premier progressif porté par intermittence n'a pas les mêmes exigences qu'un verre porté du matin au soir devant plusieurs écrans.
Le verre de stock est fabriqué d'avance, en série, dans les corrections courantes (par pas de 0,25, cylindres jusqu'à environ 2 dioptries) : un disque fini de 65 à 70 mm que l'on découpe à la forme de votre monture. Son épaisseur est celle du disque, la même quelle que soit la monture. Livré en 24 à 48 h, c'est le bon choix pour une correction faible dans une monture classique.
Le verre de fabrication (surfacé, « RX ») est usiné à la commande, pour votre correction exacte et la forme de votre monture. Le laboratoire ne fabrique que le diamètre utile, en décalant le centre optique là où se trouve votre pupille ; l'épaisseur au centre et au bord est calculée pour cette forme (précalibrage), et la « tranche » de verre inutile n'est jamais produite. Il ouvre aussi l'accès aux cylindres forts, aux prismes, aux géométries asphériques, aux hauts indices et au sur-mesure.
Comment choisir ? Jusqu'à ±2 dans une monture classique, le stock fait très bien le travail. Au-delà, ou dès que la monture est grande, fine, percée ou très galbée, la fabrication rend un verre visiblement plus fin.
Le traitement est la finition appliquée au verre. L'anti-reflet supprime les reflets parasites, améliore la transparence et le confort de nuit ; les couches de protection résistent aux rayures et facilitent le nettoyage ; certains filtrent en plus la lumière bleue des écrans ou améliorent la conduite. Les grandes familles :
| Sans anti-reflet | Verre nu ou simplement durci contre les rayures. Aucun traitement anti-reflet : les reflets restent visibles sur le verre, surtout de nuit et sur écran. |
|---|---|
| Anti-reflet essentiel | Le premier niveau d'anti-reflet : supprime l'essentiel des reflets et améliore la transparence du verre. Bon rapport qualité/prix. |
| Anti-reflet standard | Anti-reflet multicouche avec durcissement renforcé : vision plus nette, verre plus facile à nettoyer. |
| Anti-reflet face interne · solaires | Anti-reflet appliqué uniquement sur la face intérieure du verre, réservé aux verres teintés (solaires) : il supprime les reflets gênants qui viennent de derrière, sans altérer la teinte. |
| Anti-reflet premium | Anti-reflet haute performance : très faible résidu de reflets, couche hydrophobe (l'eau glisse), anti-salissures et excellente résistance aux rayures. Notre recommandation pour un usage quotidien. |
| Anti-reflet + filtre lumière bleue | Un anti-reflet premium qui filtre en plus une partie de la lumière bleu-violet émise par les écrans et les LED. Recommandé pour un usage intensif d'ordinateur, tablette ou smartphone. |
| Filtre lumière bleue dans la masse | Le filtre bleu est intégré dans le matériau du verre lui-même, combiné à un anti-reflet. Filtration efficace sans reflet résiduel bleuté. |
| Anti-reflet conduite | Conçu pour la route : réduit l'éblouissement des phares et des éclairages de nuit et améliore le contraste par temps de pluie ou de brouillard. |
| Anti-reflet haut de gamme | Le meilleur de chaque verrier : transparence maximale, durabilité et facilité de nettoyage supérieures, garanties étendues. Pour ceux qui ne veulent aucun compromis. |
Option photochromique : la plupart des verres existent en version qui se teinte automatiquement au soleil et redevient claire à l'intérieur.
Tous nos verres solaires filtrent 100 % des UV, quelle que soit leur couleur ou leur intensité : la teinte ne protège pas, c'est le filtre UV du verre qui protège. La teinte, elle, règle le confort et se choisit selon la luminosité et l'activité. Votre correction se met dans tous nos solaires, y compris en progressif.
| Catégorie 0 | 80 à 100 % de lumière transmise — Verres clairs ou très légèrement teintés. Intérieur, ciel couvert, mode. |
|---|---|
| Catégorie 1 | 43 à 80 % de lumière transmise — Teinte légère. Luminosité faible. |
| Catégorie 2 | 18 à 43 % de lumière transmise — Teinte moyenne. Luminosité modérée, ville, mi-saison. |
| Catégorie 3 | 8 à 18 % de lumière transmise — La catégorie de référence : plein soleil, plage, montagne l'été, conduite de jour. |
| Catégorie 4 | 3 à 8 % de lumière transmise — Très foncé : haute montagne, glacier, mer tropicale. Interdit pour la conduite. |
Gris : neutre, les couleurs restent vraies, le plus polyvalent (conduite comprise). Brun : renforce contrastes et relief, apprécié en conduite, golf, campagne. Vert : bon contraste, couleurs peu altérées. Dégradé : foncé en haut, clair en bas, pour lire le tableau de bord. Polarisant : supprime les reflets qui rebondissent sur l'eau, la route mouillée, le capot — imbattable pour la conduite et les sports nautiques.
Une myopie qui apparaît dans l'enfance tend à augmenter chaque année, parce que l'œil s'allonge en grandissant. Plus la myopie finale est forte, plus les risques pour la rétine à l'âge adulte augmentent. Les verres de contrôle de la myopie ne se contentent pas de corriger la vue : ils sont conçus pour ralentir cet allongement.
Le centre du verre corrige la vision comme un verre classique. Tout autour, des centaines de micro-lentilles invisibles créent un léger flou volontaire en périphérie de la rétine : c'est ce signal qui indique à l'œil de ralentir sa croissance. L'enfant voit net, ne remarque rien, et le verre ressemble à n'importe quel autre. Dans les études cliniques sur deux ans, la progression de la myopie est réduite d'environ 60 % par rapport à un verre ordinaire, à condition d'un port toute la journée (au moins 12 heures).
Deux technologies : MiYOSMART (Hoya, technologie D.I.M.S., 396 micro-segments en nid d'abeille, le plus long recul clinique) et Stellest (Essilor, technologie H.A.L.T., onze anneaux de micro-lentilles asphériques). Toutes deux en polycarbonate 1.59, léger, incassable, filtre UV.
À quel âge ? Dès que la myopie est diagnostiquée et qu'elle évolue, en général entre 6 et 12 ans. Plus on commence tôt, plus le bénéfice est grand. Le suivi : contrôle tous les six mois pour mesurer l'évolution et adapter la correction. Et à côté des verres : deux heures par jour de lumière naturelle dehors, des pauses régulières sur écran et une distance de lecture d'au moins 30 cm. Le verre freine, les habitudes protègent. Ces solutions existent aussi en lentilles de contact et en orthokératologie.
Une question sur votre correction ou votre monture ? Nous y répondons en magasin, avec vos verres sous les yeux.
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